Le meilleur pour la fin !

Les 10 moments qui ont marqué notre aventure !

– Il est 23h58 et demain, c’est la première expédition au campo ! Qu’on le veuille ou non, ça cogite sec dans la chambre et une petite boule au ventre nous rappelle qu’on est loin d’être Indiana Jones ! 7h00 : c’est parti, nous voilà lancés sur notre pirogue, l’aventure commence vraiment ! Distribution de plantes, village hors du temps, parties de volley jusqu’à la tombée de la nuit, cuisine magique de Pasiona… Bienvenus à Pulcalpillo, notre petit havre de paix au bout du monde !

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– La récolte du cacao est restée pour nous une énigme jusqu’à ce que Robert, un producteur de Pucalpillo, nous invite à participer à la récolte de son cousin Carlos à Santa Rosa. Enfile tes gants Marcel, on va chiner de la cabosse ! On aura toujours une petite pensée pour Robert, Carlos et les autres à l’heure de déguster une tablette Milka, des M&M’s ou un petit pain au chocolat !

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– De Juanjui à la Bretagne il n’y a qu’un pas, et notre petite famille d’adoption péruvienne vous le confirmera ! Les petits français aux fourneaux déclenchent l’euphorie générale dans la cuisine (même les voisins passent le bout de leur nez)… Lorsque chacun essaie de se frayer un passage jusqu’aux poêles pour tester un nouveau combo insolite c’est à coup sur une soirée crêpes bien réussie !DSC04826

– L’un des moments les plus solennels  du voyage restera peut-être cette soirée passée dans le village de Santa Rosa, l’une des communautés de l’Alto Huayabamba. Oswaldo et Charito nous accueillent chez eux et nous livrent un témoignage bouleversant sur l’histoire de la région au moment où les cartels de drogue imposaient leur loi. Piouf, on reste un peu sans voix…IMG_7773

– Le Machu Picchu, c’est l’histoire d’un lieu mythique qui continue encore et encore à faire rêver des millions d’entre nous… Plus concrètement, ça donne ça : 14h de bus, 6h de marche et  1 776 marches qu’il faut affronter à 5h30 du mat’ pour arriver jusqu’en haut et frissonner d’émotion lorsque le site se dévoile sous vos yeux… Intense mais tout simplement magique !

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– La diffusion d’un film documentaire à Puerto Montt sur les dernières heures d’Allende à la Moneda en 1973 et la visite du musée des droits de l’homme à Santiago nous ont permis de prendre conscience de la lourde histoire de la dictature chilienne. Une période encore très taboue pour les chiliens que nous avons rencontrés.

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– S’il y a une formation avec les bénéficiaires de Puerto Montt qu’on oubliera jamais c’est bien celle là ! Un groupe de 15 petites dames super motivées lancées à 100% dans un jeu de rôle sur la stratégie marketing que nous avons préparé ! On est ressortis avec un sourire à la hauteur du goûter de fin de formation : GARGANTUESQUE !

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– A une semaine de notre départ, voilà toute l’équipe de Puerto Montt réunie pour la préparation du fameux « Pulmai al disco » du chef Jorge ! L’occasion d’un dernier voyage culinaire entre terre et mer (plutôt audacieux n’est-ce pas !) qui clôt en beauté notre expérience de deux mois au sein de l’équipe !

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– Petit coup de pression du projet : la présentation de notre rapport de stage au siège de la fondation Banigualdad à Santiago, en présence du directeur général. Après plus d’une heure de discussion autour de nos recommandations, le DG et toute l’équipe nous remercient sincèrement d’avoir réalisé un travail de qualité qui servira de référence pour les projets à venir. Un de ces moments où on se dit :  « Bravo l’équipe, on peut être fiers de nous ».

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– « CHI-CHI-CHi, LE-LE-LE, VIVA CHILE » !
Le 4 juillet 2015, le Chili remporte sa première Copa America au terme d’une compétition intense ! Nous voilà sur la plaza de Italia à Santiago pour fêter la victoire avec des milliers et des milliers de chiliens ! Attention, les chiliens savent faire la fête, France 98 n’a qu’à bien se tenir ! VAMOS CHILENOS !

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It’s time to go !

Si nous faisons correctement les comptes, voilà 1 an et 9 mois que nos familles entendent presque chaque jour ces deux petits mots « Aventure Equitable ». D’une idée presque irréelle dans les premières semaines, nous sommes passés à des réunions hebdomadaires, puis des coups de fil quotidiens jusqu’à atteindre des coups de stress pas possible à quelques heures du départ. Et puis d’un coup d’un seul, le 30 décembre 2014, tout ça a pris forme lorsque nous avons mis le pas dans l’avion Delta Airlines en direction de Lima.

8 mois et 2 missions passionnantes plus tard, nous voilà à la veille de notre retour en France et qu’on le veuille ou non, une petite nostalgie s’installe à l’écriture de cet article. Lorsqu’on monte un projet on a régulièrement tendance à penser que ce sont les membres de ce dernier qui le tienne à bout de bras. Mais à vrai dire, pour nous c’est peut-être le contraire, c’est plus l’essence du projet qui depuis le début nous a poussé à nous dépasser. Imaginez des gamins rêveurs ayant soif de liberté et de terres inexplorées. Imaginez des gamins qui refont le monde à chaque soirée et qui ne passe pas une semaine sans se demander comment ils pourraient faire pour corriger ça ou améliorer ceci. Eh bien ces gamins c’est nous… Aventure Equitable nous a permis de prendre part à des initiatives qui tentent chaque jour de faire bouger les lignes.

Il est vraiment dur de conclure ce que sera notre dernier post mais s’il y a bien une et une seule idée que nous aimerions transmettre c’est celle-ci :  Aventure Equitable est un projet qui nous ressemble et qui de part les rencontres et les missions nous a permis de recevoir une énergie, une créativité et une soif d’entreprendre exceptionnelles. Tout ça, nous avons tenté de le partager avec vous, nos petits CM2 et bien d’autres encore car nous avions la conviction que cela avait un sens, un impact positif et inspirant ! Alors voilà, personne ne terminera cet article en se disant « C’est décidé, je plaque tout et je pars en mission 1 an au Pérou ». Mais beaucoup, nous l’espérons, chercheront ce qui les animent le plus et tenteront d’en faire profiter le plus grand nombre.

Un énorme MERCI à tous ceux qui ont rendu ce projet possible, et plus particulièrement à nos familles, notre entourage, la FUNDAVI, toutes les communautés de l’Alto Huayabamba,  la fondation BANIGUALDAD et ses bénéficiaires, Roldan, Jorge, Yolanda, Candice, Laure, Miren, Victor, Suzana, Pilar, Carla, Julio, Patricia, Gloria, la famille Lamiot, les Van den Hove, la famille Picherit, tous nos contributeurs sur Kisskiss Bankbank, et tout ceux qui ont contribé de près ou de loin à faire rayonner le projet ! Muchissimas gracias a todos !!!

Martin y Agathe

PS : Aventure Equitable 2016, à vous de jouer 🙂

BONUS : on ne vous oubliera jamais !

Toi, la petite odeur nauséabonde de cacao fermenté,
Le jus de maracuya de Mère Yolande,
Le saumon à tomber par terre du marché de Chiloé,
Les skypes ratés à cause des wifi foireuses,
Les moustiques-tyrex du campo,
La bière Trilogia del sur du Sirus bar,
Nos fringues qui nous ont supportés pendant 8 mois (Reposez en paix les gars…),
La dernière soirée (trop?) arrosée à Puerto Montt,
Toi, le ronfleur mesquin qui se glisse dans chaque dortoir des auberges,
Les 3,6 milliards de chiens rencontrés sur notre route,
Les maduros et les patacones péruviens (O dieu des dieux, ramènes-en nous en France !)
Les crabes avec option nuit sur les chiottes 100% garantie de Santa Rosa,
Les 16 512 photos qu’on va devoir trier,
Le bruit incessant des mototaxis tunnés de Juanjui city beach,
La pluie, notre seconde peau à Puerto Montt,
Le regard du slow loris de Tarapoto,
Toi, le bananier, petit arbre insignifiant qui transforme un endroit banal en un petit coin de paradis,
Les douches froides,
Le meilleur küchen du monde à Frutillar (n’hésite pas à prendre le même avion que les patacones…),
La chanson du taxi, entendue 50 000 fois en 8 mois,
Toi, petite engueulade qui arrive si vite dans les moments de stress et de fatigue,
Le fournisseur officiel de cagettes de notre cabaña de Puerto Montt,
Les 21 nuits dans le bus (9% de nos nuits tout de même…),
Le goût « étrange » des chocoproductos,
Notre allure en poncho dans les chemins boueux du campo,
Et le meilleur pour la fin, le casting entier de 1 000 et 1 pattes expulsé de nos assiettes.

Pérou/Chili : plus qu’un match, notre coeur balance !

Depuis le coup d’envoi de la Copa America qui a lieu cette année au Chili, nous suivons tous les matchs et supportons ardemment l’équipe de notre pays d’adoption du moment !  L’ambiance est à la fête ici puisque le Chili, après un superbe parcours,  joue en demi-finale ce soir ! Ils s’apprêtent à  affronter…le Pérou, notre 2ème pays d’adoption en Amérique Latine. Une des deux équipes peut-elle l’emporter ? Il a bien fallu trouver des critères pour les départager…Voici nos pronostics :

Pérou VS Chili

– Les moustiques, les serpents et les araignées    intergalactiques de la selva nous ont vraiment  mené la vie dure – Le seul danger potentiel c’est les lions de mer qui barbotent tranquillement dans les ports en nous implorant du regard pour qu’on leur lance des poissons…

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– Yolanda a éveillé nos papilles en nous servant tous les plats typiques péruviens pendant trois mois. Un défilé de saveurs qu’on a largement apprécié ! – Malgré la tentative de Jorge de nous en mettre plein la vue avec le Pulmai al disco fait maison, la gastronomie chilienne ne fait pas le poids…

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– Des producteurs dans les communautés jusqu’à la petite dame de l’épicerie en face de chez nous qui nous accueillait chaque jour avec un sourire jusqu’aux oreilles, on a été accueillis comme des rois ! – Les chiliens aussi savent recevoir…Les bénéficiaires des microcrédit nous auront servis au total une centaine de goûters et de café, sans oublier le petit vendeur de fruits et légumes qui nous a mis de côté des cagettes chaque soir pour notre petit feu dans la cabaña !

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La cumbia peruana donne le ton mais le reste ne suit pas…Pour les chtis que nous sommes, la bière péruvienne a été un supplice et les pas de salsa bien trop durs à maîtriser ! – Le sud du Chili, c’est ambiance bière allemande et pubs chaleureux et réconfortants. Un décor parfait pour faire la fête et rencontrer plein de monde !

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Pour ce soir, on avoue qu’on s’est un peu arrangé pour faire peser la balance du côté du Chili ! On assure notre dernière soirée à Puerto Montt  et on pense au week-end prochain : on sera à Santiago pour la finale donc le Chili ne peut pas nous faire faux-bond !

Mais si on parle plus sérieusement, on est incapables de trancher entre le Pérou et le Chili ! Ces deux pays représentent beaucoup pour nous et finalement on a vécu deux expériences tellement différentes que ça n’a pas beaucoup de sens de vouloir les comparer !

Hasta pruntito 🙂

Agathe

Mes petits héros sud-américains !

24 juin 2015, il est 18h ici à Puerto Montt ! Le soleil songe tranquillement à passer de l’autre côté du globe pendant que les vendeurs ambulants hésitent entre rester pour réaliser quelques dernières ventes ou remballer rapidement pour se mettre au chaud près du poêle familial. C’est l’heure ou la frénésie du jour se calme peu à peu pour laisser place aux feux de cheminée, aux soupes bien chaudes et pourquoi pas, à une ou deux petites bières entre copains ! Pendant que tout le monde rentre tranquillement au terrier en subissant les dernières minutes qui les éloignent de chez eux, il y en a certains qui restent là, assis sur leur chaise de bureau ou encore au téléphone lorsque vous agitez furtivement le bras pour leur dire « On se voit demain ! ». En fait je veux vous parler de ceux qui, après le départ de toute l’équipe, terminent avec rigueur et sens du devoir les quelques dossiers qui restent encore à traiter.

Je profite donc de la petite fenêtre médiatique que représente notre page internet pour mettre en valeur ces bourreaux de travail, ces infatigables à la tâche qui tiennent à bout de bras les projets qui sont les leurs ! Aujourd’hui j’aimerais vous parler de Roldan et Jorge, deux responsables de stage qui auront marqué notre aventure équitable et qui resteront pour moi des figures d’engagement et d’implication ! Parce que oui, il est quelque chose de bien facile dans le fait d’être un simple stagiaire qui vagabonde de pays en pays la fleur au fusil en posant question sur question pour savoir comment nom de dieu, la fondation a pu en arriver là !

Mais la vérité dans tout ça c’est que, si les choses en sont là, c’est grâce à ceux qui chaque matin dédient l’entièreté de leur force et de leur énergie à soutenir, porter et défendre un projet ! Lorsque nous étions sur les bords de la forêt amazonienne, je me souviens des discours enflammés de Roldan qui nous parlait alors de comment faire grandir la fondation et comment la rendre toujours plus exemplaire ! Tantôt coiffé du fameux béret du Che tantôt gravement et fièrement habillé en chef d’entreprise, je me souviens d’un homme prêt à tout pour défendre une certaine idée du projet porté par sa fondation ! Je me souviens aussi d’un petit bonhomme proche des siens et qui pour rien au monde n’aurait quitté ses terres natales dont il était si fier !

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Aujourd’hui et depuis maintenant quelques semaines, c’est au tour de Jorge, coordinateur de la fondation Banigualdad sur la zone de Puerto Montt de m’éblouir d’une rigueur et d’un engagement toujours plus fort au service de l’action de la fondation ! Cet assistant social de formation n’était pas forcément destiné à travailler pour une entreprise de micro-crédit mais allez savoir, il y a bientôt deux ans, il débarque fraîchement de sa campagne du nord pour venir prêter main forte dans la région ! L’histoire de notre petit Jorge, c’est l’histoire d’une conviction… Celle qu’un monde meilleur est possible et que lui, ancien Hippie aux cheveux longs maintenant père d’une petite fille, continue de construire chaque jour ! Monsieur Jorge est en quelque sorte un révolté assagi qui œuvre dans l’ombre pour faire du Chili une terre plus juste et sûrement plus équitable.

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Bref je vois déjà de loin les critiques que pourront susciter ce type d’article quelque peu consensuel j’en conviens ! Mais s’il fallait peut-être ne retenir qu’une chose de nos aventures professionnelles en Amérique, je choisirai sûrement le souvenir de ceux qui chaque matin, enfile le costume de capitaine du bateau ! Je crois que je partirai d’ici avec l’idée bien faite qu’un projet c’est une bonne équipe mais surtout un bon capitaine prêt à mener ses troupes jusqu’au bout du monde ! Je vois dans Roldan et Jorge des hommes qui décident de tout donner pour essayer, à coup d’abnégation et de travail, de changer ce qui doit l’être !

Enfin voilà… Petit article aux allures d’hommage à ceux qui n’ont pas fini de m’inspirer !

Martin

Puertomontinos d’adoption !

On avoue avoir bien fait les malins au Pérou pendant que vous étiez en plein hiver…On vous a (un peu) nargué et maintenant justice est faite : on subit l’hiver chilien de plein fouet ! La région de Puerto Montt est très  pluvieuse (222 jours de pluie par an contre 127 à Lille par exemple), et puis on avance vers l’hiver puisqu’ici les saisons sont inversées et les mois les plus froids sont juillet et août ! Puerto Montt c’est donc l’histoire d’une dizaine de colons allemands qui décident de s’installer dans l’une des régions les plus pluvieuses et les plus humides du monde. Un peu plus de 150 après la création de la ville, l’influence de nos amis d’Europe reste toujours aussi forte ! Il suffit par exemple de se balader dans la rue centrale pour s’apercevoir que le bar du coin porte le nom de « Dresden » ou encore s’arrêter prendre une collation et une bière artisanale chez « Fritz Burger » !

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Les températures ont nettement baissé depuis notre arrivée début mai et on mise tout sur notre poêle pour réchauffer la cabaña ! Chaque matin après avoir fait l’effort ultime de mettre le pied dehors alors que les chambres sont plongées dans un froid atteignant les 5 ou 6 degrés on pense sans plus tarder au petit feu que nous allons faire en rentrant de notre journée de travail. Un petit feu que nous ferons d’ailleurs après avoir trouvé quelques cagettes de bois abandonnées et les avoir fracassées dans notre jardin ! La première semaine, on se demandait un peu ou étaient los puertomontinos et s’ils restaient tous chez eux à cause de la pluie et du froid. Parfois on a juste le sentiment d’être en plein Canada, dans ces villages où le temps semble s’être arrêté pour laisser passer l’hiver ! Mais on a découvert qu’en fait ils vivent un peu comme là-bas dans des grands malls  qui grouillent de monde, surtout le week-end !

Et puis que dire aussi du petit port d’Angelmo où le dimanche, lorsque le soleil daigne bien vouloir montrer le bout de son nez, on se laisse volontiers charmer par le petit marché aux poissons construit sur pilotis ! Pas plus tard qu’hier, nous nous y sommes baladés pour déguster un superbe petit ceviche de saumon avant d’aller sympathiser avec les lions de mer qui attendent inlassablement quelques restes du déjeuner ! Au passage, l’observation des lions de mer peut constituer une activité de tout un après-midi tellement il est simplement génial de croiser ce genre de bête en pleine liberté à deux pas de chez soi !

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L’île de Chiloé, c’est un peu notre coup de cœur dans la région des Lacs. Après l’ascension du volcan Osorno enneigé, la découverte du lac turquoise Todos los santos et les maisonnettes d’architecture allemande de  Puerto Varas et Frutillar, on pensait avoir cerné la région ! Et puis le week-end dernier, on a débarqué sur l’île sans trop savoir à quoi s’attendre, mis à part la pluie et les pieds mouillés. Une atmosphère particulière s’y dégage, un peu comme sur les îles bretonnes. L’île est très grande et compte plusieurs villes mais aussi des parcs naturels, des lacs et des espaces  de forêt très dense. La pêche est l’une des activités principales et on a bien bien apprécié les empanadas et les ceviches  de saumon bien frais ! Une chose nous a marqué : le discours unanime des chiliens qui nous ont pris en stop pendant les deux jours. Pour rien au monde ils ne quitteraient l’île sur laquelle ils sont venus chercher de la tranquillité après avoir vécus à Santiago pendant de nombreuses années ! Et on comprends vite pourquoi…d’ailleurs, on  y retourne vendredi prochain pour y passer notre dernier week-end avant le grand départ pour Santiago !

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Hasta luego todos !

Retrouvez les photos de Chiloé sur : http://bit.ly/1dZyNbC

Ouatdouyoudou ?

Maintenant que vous êtes capables de tenir une conversation voir même d’animer une émission radio sur France Culture à propos de la Fundacion Banigualdad, il s’agirait de comprendre ce que les trois mousquetaires français y développent de jour en jour.

De l’air frais dans les formations !

Deux géants qui touchent les portes et une petite blonde à peau blanche passent rarement inaperçus dans les rues de Puerto Montt et encore moins dans les maisons des micros entrepreneurs. Malgré notre accent espagnol travaillé au poil nous attisons la curiosité des bénéficiaires et d’un coup d’un seul, leur yeux pétillent lorsque nous chuchotons que nous connaissons Paris. Eh bien figurez-vous que cette curiosité, ce dynamisme qu’ont les petites dames lorsqu’elles viennent nous parler, c’est exactement ce que la Fondation souhaite que nous apportions aux groupes de micro-entrepreneurs.

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Motiver les troupes : challenge accepted !

Aujourd’hui, une bonne partie des groupes souffrent de problèmes de paiement ou encore d’une démotivation collective qui rendent les formations hebdomadaires un moment pesant pour tous. Ainsi, lors de notre arrivée, Jorge (le responsable de la zone) nous a demandé de créer une formation capable non seulement de transmettre des messages clé aux bénéficiaires mais aussi et surtout de provoquer une rupture dans leur routine avec Banigualdad en proposant quelque chose de nouveau, quelque chose de frais. Du coup, nous avons créé un petit atelier d’à peine une heure destiné à revoir ensemble toutes les bonnes pratiques que doit mettre en œuvre un entrepreneur : se questionner, innover, ne jamais cesser d’apprendre… L’idée c’est de redonner confiance aux entrepreneuses en appuyant sur le fait que chaque matin lorsqu’elles démarrent leur journée, elles font preuve d’énormément de courage et d’abnégation pour aller de l’avant. En plus de ça, nous essayons de leur transmettre quelques petites idées qui peuvent servir au développement de leur entreprise.

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Formation à Alerce

Par exemple, on les interroge sur leurs méthodes d’organisation et les outils qu’elles ont l’habitude d’utiliser. Nous leur montrons que des choses simples comme un carnet de compte ou un agenda bien tenus peuvent très facilement améliorer la gestion journalière de leur micro-entreprise et leur éviter beaucoup de stress. Nous les encourageons aussi à innover et à se différencier des produits de la concurrence pour arriver à capter des clients et à les fidéliser. Beaucoup d’entres elles décident d’ouvrir des petites épiceries qu’on appelle ici « un mercado particular ». Le problème, c’est qu’il y en a à peu près un à chaque coin de rue et ils vendent tous la même chose. Il est alors indispensable pour nos entrepreneuses de proposer à leurs clients des produits originaux qu’ils ne trouveront pas ailleurs. Face à ce genre de situation, on les encourage à trouver chacune une spécialisation pour faire la différence (papeterie, artisanat en laine…) !

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Formation avec un groupe d’Osorno

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Formation à Mirasol

Une formation réussie c’est donc l’histoire d’une entrepreneuse qui manquait peut-être de dynamisme, de confiance et de créativité en se rendant à la réunion mais qui ressort avec un grand sourire et se dit « Allez on y va, Rocky Balboa est en moi » !

Un peu de suivi personnel !

Animer notre petite formation nous plaît beaucoup, mais le format de réunion en groupe possède un inconvénient majeur : on ne peut pas se pencher sur les doutes et les problèmes de chaque entrepreneuse en laissant les 14 autres poireauter pendant ce temps-là. On a donc décidé de proposer aux entrepreneuses qui le souhaitent un suivi personnel qui s’étalera sur les cinq prochaines semaines. L’objectif est d’aller les rencontrer sur leur lieu de travail et d’obtenir toutes les informations nécessaires sur leur entreprise et leur profil d’entrepreneuse. Nous souhaitons ainsi déterminer les points à améliorer et les sujets sur lesquels elles manquent de compétences et auraient bien besoin d’un petit coup de pouce (marketing, comptabilité…). Nous leur proposerons ensuite des solutions dans le but de booster un peu leur negocio et leur redonner confiance. Pour info, nous avons commencé une première série d’entretien cet après-midi même et les idées fusent déjà !

Même l’équipe de Banigualdad est demandeuse !

Figurez-vous qu’à Banigualdad, fait étonnant, les responsables des formations de comptabilité, finance,et  gestion destinées aux bénéficiaires sont tous issus de carrières sociales (assistantes sociales ou psychologues). Certes, ils possèdent  les compétences requises pour travailler avec des personnes issues d’environnements sociaux précaires. Cependant, ils n’ont jamais été formé en comptabilité, finance, gestion ou autre et rencontrent donc un peu de difficulté à l’heure d’expliquer ses notions là aux bénéficiaires. Ils nous ont donc sollicités sur plusieurs thèmes pour qu’on leur présente un petit cours et qu’on leur suggère un moyen ludique d’animer ces ateliers auprès des micro entrepreneurs !

Toc, toc, toc ! C’est pour la visite de viabilidad !

L’équipe de Banigualdad l’a bien compris, nous sommes ici pour tout comprendre au microcrédit ! Nous nous chargeons donc bien volontiers des visitas de viabilidad au cours desquelles nous évaluons la viabilité du projet d’entrepreneuriat d’une personne qui souhaite entrer à la fondation.  Au cours de cet entretien, nous tentons de cerner le projet de la personne ainsi que sa compatibilité avec les valeurs de la fondation.  L’avantage des visites à domicile c’est qu’une fois sur deux on est invités à prendre un café, un goûter…Hier, tout en dirigeant l’entretien avec Maria, nous avons eu l’honneur de déguster des gâteaux  tout droit sortis de la vitrine de sa  pâtisserie !

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L’heure du goûter tombe à pic chez Maria !

Enfin, la Fundacion Banigualdad souhaite augmenter de près de 50% le nombre de micro entrepreneurs soutenus d’ici la fin de l’année. Nous les aidons donc à communiquer autour de leur projet en allant flyer dans la rue pour présenter la fondation et détecter d’éventuels bénéficiaires. Pour l’instant, nous avons quadrillé le centre de Puerto Montt et d’Osorno !

On espère  qu’on saura répondre aux attentes des bénéficiaires dans les semaines à venir… N’hésitez surtout pas  à nous donner des idées pour les micro entrepreneurs que nous suivons si vous en avez . Vos questions sont également les bienvenues ! Notre stage est donc une vraie mission de terrain qui va nous permettre d’avoir enfin un point de vue clair et fondé sur ce qu’est vraiment le  microcrédit !

A très vite pour découvrir quelques portraits d’entrepreneurs !

Martin et Agathe

Bienvenidos en la Fundacion Banigualdad !

Un petit peu comme lorsque nous étions au Pérou, nous avons la vague impression que notre mission de microcrédit reste un peu floue pour la plupart d’entre vous ! Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, je crois qu’une petite explication de comment tourne la Fundación Banigualdad s’impose !

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Pour éviter de vous assommer avec la description fastidieuse du modèle défendu par la fondation, nous allons travailler avec un cas concret de micro-entrepreneur qui souhaite recevoir un micro-crédit.

Prenons par exemple le cas de Jenny qui malheureusement n’a rien de réjouissant mais est criant de vérité dans la région de Puerto Montt ! Après une séparation compliquée, Jenny se retrouve seule avec 3 enfants à charge. Malgré la pension de son ex-mari, Jenny ne parvient pas à joindre les deux bouts et peine à trouver un emploi compte tenu d’une absence totale de formation scolaire. La seule solution pour Jenny c’est de tenter de développer une activité de confection et de vente de gâteaux dans la rue.

1/ Les premiers pas de Jenny dans le micro-crédit, comment accéder au crédit de Banigualdad ?

Il se trouve que la fondation Banigualdad fonctionne par groupe d’entrepreneurs et par cycle d’apprentissage. Je m’explique : revenons à l’exemple de Jenny. Si cette dernière souhaite se lancer dans l’aventure de la microfinance elle doit d’abord fédérer un groupe d’un minimum de 15 entrepreneurs autour d’elle. Une fois le groupe constitué, ses membres vont déposer une demande de financement et vont faire l’objet d’une visite de viabilité destinée à estimer si le projet du micro-entrepreneur peut faire l’objet d’un crédit, s’il existe véritablement (certains bénéficiaires tentent d’inventer une activité pour recevoir un crédit) et s’il présente des perspectives d’avenir. Ces visites sont faites par la psychologue de la fondation et se concluent généralement par une réponse favorable au financement sauf dans le cas d’un doute sur l’activité réelle de l’entrepreneur.

2/ C’est parti pour 5 mois avec la Fondation !

Ainsi, une fois les membres des groupes approuvés, l’un des membres de la fondation va prendre en charge le groupe pour le lancer dans le premier cycle de crédit et de formation. Le groupe va donc fixer un jour de réunion hebdomadaire qui restera le même pour les 5 prochains mois. Pour lancer la dynamique il faut réunir TOUS les membres du groupe afin de remettre les chèques et signer les conditions de collaboration avec la fondation. Une fois tout ça réglé, le groupe s’engage à rembourser dès la semaine d’après, 1/20ème du crédit plus les intérêts. Les réunions hebdomadaires sont donc un moyen de valider que le remboursement ait bien été réalisé mais aussi et surtout de délivrer 1 leçon parmi les 20 que composent chaque cycle.

3/ Mais pourquoi fonctionner par groupe exactement ?

Le fonctionnement en groupe répond à deux objectifs. Le premier objectif est de s’assurer du remboursement du crédit par le bénéficiaire. La démarche collective permet donc de diluer les risques dans le sens où les membres sont solidaires face au paiement. Revenons à l’exemple de Jenny : si cette dernière se trouve dans l’incapacité de payer la onzième semaine, le groupe est responsable de rembourser sa partie. Enfin, le second objectif d’un fonctionnement par groupe répond à une vision quantitativiste du microcrédit. C’est-à-dire que les créateurs de la fondation ont préféré jouer sur la quantité de personnes aidées plutôt que sur la qualité des projets. Un fonctionnement par groupe permet donc d’aider un plus grand nombre de personne mais présente une certaine limite dans l’impact des formations qui peuvent manquer de suivi personnel par exemple.

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Petit exemple d’un groupe d’entrepreneuses en pleine réunion Banigualdad

4/ Et si les gateaux de Louise ne fonctionnent pas et qu’elle ne peut vraiment plus payer ?

Beaucoup de banques de microcrédit vont dans ce cas poursuivre le bénéficiaire pour récupérer le crédit délivré. La fondation a choisi d’avaler financièrement ces échecs et de ne pas entamer de poursuites envers les personnes qui arrêtent définitivement de payer.

5/ A la fin du premier cycle, l’aventure s’arrête ?

Eh bien pas tout à fait. Une fois que Jenny a remboursé la totalité de son crédit et suivi les 20 classes du premier cycle, elle peut faire le choix avec son groupe de poursuivre sur le deuxième cycle. Ainsi le cycle suivant abordera d’autres thèmes pour la formation mais surtout il se caractérisera par une augmentation du montant du crédit autorisé. Ce système permet de graduer les montants délivrés qui augmentent au fur et à mesure des cycles !

6/ Mais il y a combien  de cycles et combien de palier de crédit ?

Il se trouve qu’aujourd’hui il y a 12 cycles de formation ce qui veut dire que certains groupes ont plus de deux ou trois ans d’existence. Cependant, la fondation ne dispose que de cinq paliers de crédit soit un montant maximum atteint au bout du cinquième cycle de formation.

7/ Et la formation dans tout ça, les thèmes c’est quoi ?

En ce qui concerne la formation, les thèmes les plus importants se concentrent dans les 4 premiers cycles. Ces derniers traitent des techniques fondamentales du management d’une micro entreprise comme par exemple le marketing, la comptabilité ou encore l’adaptation de l’entreprise aux changements du marché. Ainsi, les cycles 5,6,7 etc traitent de thèmes beaucoup plus légers tels que « l’éducation des enfants » et sont principalement destinés à créer un lien social, une discussion lors des visites hebdomadaires. En effet, l’un des grands objectifs de la fondation réside dans le fait de créer du lien social entre des personnes souvent isolées.

8/ Et quel est le profil type d’un entrepreneur ?

Eh bien parlons plutôt d’entrepreneuses car 90% des bénéficiaires sont des femmes. Il se trouve que les femmes sont considérées comme plus responsables à l’heure du remboursement du crédit et c’est ainsi que pas plus de 3 hommes sont acceptés par groupe d’entrepreneurs. De plus comme dans le cas de Jenny, ces femmes sont souvent des mères de famille isolées et responsables de faire vivre la maison en plus d’assumer toutes les tâches liées à l’éducation des enfants, l’administration de la maison…

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Bon je crois qu’avec ces 8 questions vous avez à peu près fait le tour de comment fonctionne la Fundación Banigualdad. Alors certes cet article n’aura pas été le plus fun ni même le plus fluide mais il nous semblait important de vous inviter à comprendre comment tourne au jour le jour l’entreprise pour laquelle nous travaillons. Par les braves qui sont arrivés jusqu’à la fin de l’article sans être pris d’aucune forme de somnolence, vous recevez notre reconnaissance éternelle avec le droit d’aller craquer sur un bout de chocolat dans l’armoire car l’épreuve était digne d’un marathon !

Il est grand temps de vous laisser vaquer à vos occupations en vous promettant de revenir bientôt avec un article sur notre rôle et les projets que nous développons au sein de la fondation ! N’hésitez surtout pas à commenter l’article ou à nous poser des questions si certaines explications ne sont pas très claires, on sera ravis d’y répondre !

Hasta luego !

MAB

Le Huayna Potosí, une aventure à plus de 6000 mètres !

Dès que nous sommes arrivés en Amérique du Sud, Martin a annoncé que s’il ne devait faire qu’une seule chose en Bolivie, ce serait l’ascension du Huyana Potosi, une montagne culminant à 6088 mètres. Le Huyana Potosi étant considéré comme un des 6000 mètres les plus faciles à gravir nous nous sommes mis en tête de tenter l’aventure dès le début de notre séjour. Dès lors, chaque partie de foot à Juanjui, chaque petit effort étaient accompagnés d’un « préparation pour le Huyana ». Et puis le moment est venu… Quelques jours après notre arrivée à La Paz, nous avons contacté un guide pour qu’il nous emmène vers l’enfer selon certains sur Internet.

Début en « douceur »…

L’ascension se déroule en 2 jours. Le premier matin, nous partons en fin de matinée après avoir acheté le matériel de survie de base : feuille de coca et médicament « 100% naturel » pour l’altitude. 1h30 de voiture plus tard, nous voilà arrivés à un campement au pied de la montagne. Après un bon repas, nous démarrons l’ascension la fleur au fusil comme on dit. Cette première journée nous permet de rejoindre le refuge situé à 5130 mètres d’altitude. Vers 15h, et après une marche plutôt très intense, nous posons le pied au refuge et rencontrons nos compagnons du lendemain.

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C’est l’histoire d’un pipi sur le toit du monde…

En route vers le sommet !

Attention ça ne rigole pas : couché à 18h ! Levé 00h00 !

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What else ?

Il est nécessaire de marcher pendant la nuit pour s’assurer que la neige soit la plus dure possible pour faciliter la marche. Accrochés par groupe de 3 (Martin, le guide et moi), nous quittons le refuge aux alentours de 1h30. Pas de problème de souffle, ni de mal de crâne… Les premiers moments de la marche se déroulent parfaitement. Une pause  par heure environ, pour reprendre un peu de force, grignoter et boire un coup. Cependant, le froid nous recouvre dès que nous arrêtons de marcher. Chaque pause est à la fois un délice mais aussi une torture.

Après 3 heures de marche, l’ascension devient difficile. Je n’ai toujours pas mal à la tête, ni de problème de souffle mais je commence à devenir las de cette marche. Cela fait maintenant 3 heures que nous marchons dans le noir complet. Et nous n’en sommes qu’à la moitié. C’est d’ailleurs à ce moment que nous décidons de prendre le médicament pour le mal d’altitude. On appelle ça un médicament de précaution, car on ne sait jamais.

Quelques mètres encore…

Aux alentours de 6h, nous arrivons devant un mur de neige. Le sommet semble si proche. Il nous faudra 1 heure pour escalader ce mur. Mon corps a décidé de m’abandonner à ce moment. Mes muscles se sont fait passer le mot pour m’abandonner les uns après les autres. Bonne ambiance. Heureusement que le guide a toujours le bon mot pour me motiver : « tu es dangereux pour le reste du groupe », ou alors à 50 mètres de l’arrivée : « si tu veux on arrête maintenant si tu ne te sens pas capable ». J’ai ressenti beaucoup de haine pour cet homme à ce moment-là.

Puis vient la bonne blague de la journée. A 5 mètres de l’arrivée, d’autres groupes avaient d’ailleurs  déjà terminé, DOUBLE CRAMPE, une dans chaque cuisse. Je m’écroule mais je ne pleure pas. Pas devant tout le monde. Je m’étire un peu puis je rampe jusqu’au sommet, c’est bon on l’a fait.

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6088 mètres, ça y est nous y sommes !

Wahouu, on l’a fait !

Nous sommes donc arrivés en haut, à 6088 mètres d’altitude. Fatigués mais heureux. Le temps de remettre mes crampons sur mes chaussures, d’avoir des engelures aux doigts et nous démarrons le chemin de retour.

En bref, ce fut une expérience extraordinaire et je suis terriblement heureux d’avoir escaladé un 6000 mètres. Par contre je pense que plus jamais dans ma vie je ne recommencerai ce type d’effort mais en revanche je vous encourage à tenter l’aventure si vous avez l’occasion de le faire. Sachez que tous ceux qui sont partis avec nous à 1h30 du matin y sont parvenus.

Hasta luego !

Louis