Hasta la vista baby

Bonjour à tous,

Vous qui êtes habitués à un style plus …oral,  je vous présente mes excuses pour la formalité rigide de ce post.

Il y a quelques semaines j’ai pris la décision très personnelle d’aller travailler pour la banque de microcrédit Finam à Santiago de Chile. Martin, Agathe et Louis ont choisi de faire leur deuxième stage dans la fondation Banigualdad, également une banque de microcrédit,  à Puerto Montt (une autre ville du Chili).

Suite à ce choix, ma participation au projet est devenue incohérente aux yeux du reste de l’équipe. La démocratie prônant au sein du groupe, je quitte donc Aventure Equitable.

Aussi, bien que j’aie et aurais adoré vous écrire, ceci est mon dernier post sur ce blog. Je ne posterai plus non plus sur le compte Facebook ou sur le Flickr.

Je vous laisse quand même mon adresse mail personnelle – j’accepte les compliments et les mots doux : clarabarthelemy@gmail.com

Sur ce, je pars découvrir les monts et vallées du Pérou en famille avant de descendre vers mon prochain refuge : la Grande Santiago.

Amusez-vous bien là où vous êtes, parce que chez moi la vie est une douce rivière de guimauve.

 

Tchao la famille, les potes, les éléphants qui volent, les typhons, Chuck Norris, la filleule de Margot.

PS : vous noterez que j’ai posté le 2 avril, donc ceci n’est pas une blague.

Photo du 02-04-2015 à 09.21

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Mission Pisciculture

Le récit du début de ma mission (chargée de l’activité pisciculture). Guettez les articles « MISSION » pour retrouver les récits personnels des trois autres.
-Clara.

Il est 6h du matin lundi quand Maria vient délicatement démonter ma porte pour m’inviter à monter sur sa moto jusqu’au port de Juanjui*.  Je re-trouve Robert qui sera mon guide pendant 6 jours et en avant sur la pirogue, le début du plus grand jeu de rôles de ce voyage.

Partie I :  Je suis le professeur Tournesol
– Travail préliminaire 

Personne n’a jamais vraiment su ce que faisait le professeur Tournesol, personnage de la BD Tintin, –en tous cas pas moi- du coup pour les besoins de cette histoire disons qu’il avait choisi une majeure en pisciculture.

Oui parce qu’en fait le coup du réveil, de la pirogue et des torrents c’est à propos de ça. J’ai 3 mois pour rationaliser la gestion des pisciculteurs rattachés à Pur Projet (mon employeur), produire un business plan pour maximiser la rentabilité de l’activité et trouver un moyen de multiplier ma patience par 233 000 et des brouettes.

L’étape numéro 1, c’est aller sur le terrain pour en apprendre un peu plus sur les problématiques de mes éleveurs de poissons. Ils habitent le long du fleuve dans des villages accessibles exclusivement par voie d’eau. Dans l’exercice strict de mes fonctions je m’en vais donc voguer sur le Huayabamba, mes questionnaires à la main, une pipe à la bouche et des lunettes rondes sur le nez. Je suis une professionnelle à la recherche d’informations, du Savoir du Poisson. IMG-20150131-WA0012

Partie II : Je suis une participante malheureuse de Fort Boyard
– Jour 1-3

Les 3 premiers jours ressemblent très sérieusement à un jeu télévisé, sisi. D’abord, la pirogue, seul moyen de transport pour aller dans les villages, ne marche pas exactement comme le bus – qui l’eut cru me direz-vous et vous auriez raison.

La pirogue c’est un peu comme lancer un dé.

6 ? Elle passe à 18h, on a le temps.

2 ? Ah. Flûte. Et puis comme je dois aller dans 2 villages par jour et qu’ils ne sont accessibles que par le fleuve ça fait beaucoup de pirogue sur 3 jours si vous calculez bien. Chaque jour est une course contre la montre (ou à la pirogue) à lui tout seul. Mon itinéraire   IMG-20150131-WA0010IMG-20150131-WA0009 A chaque visite à un pisciculteur, je rentre dans une salle du Fort. 1h chrono pour leur faire remplir 2 questionnaires de 10pages -étant donné leur accent, je vous assure que c’est une mission en soi- prendre les dimensions de l’étang au GPS, éviter les moustiques et sauter dans la dernière pirogue pour éviter de rester coincés. « Tu vas voir clara, là bas ils vivent tellement simplement c’est fou ». OuiouiouiouiouiOUIOUIouiouioui. Moi je patauge -littéralement.

Et mon petit facilitateur-passepartout préféré qui s’appelle Robert et qui ne comprend rien mais qui parle beaucoup. Sans rire, sans lui je n’aurais pas rempli un seul questionnaire en entier… Mais j’aurais peut être raté moins de pirogues aussi. Hum.

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Robert

Le soir c’est sommaire, un lit, un bac d’eau, un trou, des moustiques.

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Première nuit à l’étage d’une maison en construction

Bon pour résumer,  les 3 premiers jours sont un peu compliqués pour ce bon vieux professeur Tournesol et la collecte d’informations n’est pas si tranquille que prévu.

Partie III : Je suis contente
– Jour 3

A l’aube du troisième jour, je suis épuisée: vêtue de haillons et la barbe naissante, couverte de piqures de moustiques, au bord de la crise de nerfs.

Alors, j’apprends l’arrivée fabuleuse de Martin, Louis et Agathe. Si doux est le son de cette nouvelle. Je vole. Mes bottes ne sentent plus la boue sous mes pieds, mes oreilles sont sourdes au bourdonnement des insectes, mon visage insensible aux brulures du soleil, mon dos imperméable à la chaleur de midi. Je suis contente. 16217075830_f4a0d5074c_z   (Je ne vous raconte pas les 3 jours suivants, un article va sortir sous peu. Globalement c’était plein de boue.)

Partie IV : Je suis fille des torrents, sœur des rivières
-Jour 6

Afin de permettre une meilleure compréhension, prière de visionner cette vidéo avant lecture. 

Après avoir ralé, chouiné, maudit la boue, tué des poules et des moustiques dans mes rêves pendant 3 jours,  le jour du départ je suis très loin de la joie que je m’attendais à ressentir. Au contraire, une insaisissable tristesse se diffuse doucement sur le plancher de la pirogue. Les voix s’éteignent peu à peu et on regarde. On regarde la forêt, le fleuve, les oiseaux dans les arbres, les nuages, la pluie qui arrive ou le soleil qui revient. Ca nous frappe je pense, ce paysage, cette nature sauvage qui nous entoure. Si aucun de nous n’a réussi à la dompter pendant ce voyage, elle s’impose à nous en ce moment et la boue n’est qu’une histoire drôle à raconter.

Alors peut être qu’on peut le dire maintenant, qu’on commence à comprendre un peu qu’on est quand même des enflures de veinards d’être là. Et puis qu’on s’est peut être un petit peu défait de nos habitudes d’européens le temps d’une semaine ? La loutre et le héron sont nos amis.

Mais si vous voulez vraiment comprendre ce que je veux dire, regardez :

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BONUS POISSONS 

J’ai quand même appris des trucs pendant la période où j’ai rencontré les pisciculteurs (ou période Fort Boyard) et j’en profite pour les partager avec vous. Les 2 poissons préférés des pisciculteurs sont la Gamitana et la Tilapia.

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Tilapia

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Gamitana

Les 2 poissons sont très résitants et survivent bien dans les étangs. Le problème c’est que la Tilapia résiste mieux. En plus, ce n’est pas un poisson qu’on peut trouver dans le fleuve du coup il a un côté « exotique » (en vrai c’est dégueu et plein d’arretes mais bon). Le truc c’est que c’est tellement résistant que dès qu’il pleut un peu trop les tilapias se déversent dans les fleuves et mangent les autres poissons. La Plaie. Voilà vous savez tout ! Ah et j’ai quand même réussi à faire remplir mes questionnaires aux pisciculteurs, qui ont tous été hyper sympa et coopératifs.

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Une gamitana et Robert

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Un pisciculteur

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Un jeune pisciculteur

Hasta Luego la famille, les potes, les webcams toutes neuves.

Clara

Retrouvez le reste des photos sur le site Flickr !    

Jour 1 – Le départ

Je vais être parfaitement honnête avec vous. Si j’écris cet article, ce n’est pas parce que le sujet (notre départ) est particulièrement intéressant. C’est surtout parce que l’avion a 1h de retard et que le temps devient long. 

Ceci étant dit, il n’est pas assuré que vous trouviez ce papier aussi misérable que le pantalon fétiche d’Agathe -photos à venir. Alors lisez-moi donc ! 

Si le titre annonce « Jour 1 », ce n’est pas entièrement vrai. Certes nous attendons l’avion  depuis 1h dans des fabuleux sièges anti-sommeil, mais pour moi, le voyage a commencé hier.

Photo du 30-12-2014 à 08.44
Les sièges anti-sommeil

Chargée par mon cher père de suffisamment de sac étanches pour y mettre Martin, j’ai dis Adieu à ma ville (Marseille) depuis la fenêtre de la classe éco du TGV. Petite larme – nan je rigole- mais quand même j’étais émue.

A 19h30, Martin, Agathe et moi nous sommes retrouvés chez Mamyne Stevenson (la grand mère d’Agathe) qui nous avait préparé un superbe dernier repas que nous dégustions tels des apôtres diabétiques. Mais il en fallait plus pour achever Martin qui a 1h38 précisément continuait de m’expliquer pourquoi il ne s’était pas rasé la tête comme il l’avait dit (tu vois Clara, si ya des moustiques, ya des piqures, et si ya des piqures, j’ai la tête en ampoule à led)

Quid de Louis ? Les chemins sinueux de sa vie nocturnes ne sauraient être racontés sur un support si bien élevé. On retiendra juste qu’il est un peu fatigué.

Photo du 30-12-2014 à 08.55
Louis fatigué.

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Martin et Agathe un tout petit peu moins fatigués. 

Bon voilà je dois vous laisser parce que nous embarquons. Mais ça va bien se passer hein ! On vous donne des news en arrivant.

Bisous la famille, les copains, le ski.

Photo du 30-12-2014 à 09.00Petit lever de soleil en bonus. 

Clara